L'APDH remporte le 2ème Prix des droits de l'homme 2016 de la CNDHCI
SUITE 15e ANNIVERSAIRE DE L'APDH: Renouvellement et Rajeunissement des Instances de l'ONG
CELEBRATION DU 15e ANNIVERSAIRE DE L’APDH, une réflexion sur « les défis de la construction d’une société civile crédible en Afrique. »

COMMUNIQUÉ DE L’APDH RELATIF AU CONFLIT INTRACOMMUNAUTAIRE LIE A LA CHEFFERIE A ARMEBE (DABOU)

Depuis le mois de février 2019, Armébé, village situé à 3km de Dabou est confronté à un problème de chefferie. Le chef sortant et ses collaborateurs ayant exercé neuf (09) années durant, semblent s’opposer au choix de la nouvelle équipe dirigeante approuvé par la majorité des villageois en date du 10 février 2019.


Il faut rappeler que le mode de gestion du pouvoir du peuple Adjoukrou s’effectue par classe d’âge sur une période de huit ans (08) à travers la célébration de la fête de « EB BEB ». Aussi, pour pallier au problème de succession survenu depuis le décès du dernier chef légalement établi TANO AGNIMEL VICTOR, les différentes classes d’âge se sont-elles accordées pour désigner le chef du village parmi les membres de la génération au pouvoir (les EBEBOU).
Sur cette base, après que la génération BODJL accède au pouvoir, à l’issue de la cérémonie d’EB-EB du 22 décembre 2018, le nouveau chef et son adjoint, approuvés par la majorité des villageois, sont présentés aux autorités administratives de Dabou le 13 février 2019. La consultation populaire qui devrait aboutir à terme à l’installation officielle du nouveau chef du village n’a pas été effectuée jusqu’à ce jour. C'est à ce niveau que se situe le nœud du problème, car le chef sortant qui ne bénéfice que d’une décision de chef intérimaire pour une période de six mois depuis 2009 refuse de céder la place. De plus, les autorités administratives de Dabou saisies depuis plusieurs mois semblent montrer une impuissance, voir une incapacité face à cette affaire en faisant retarder les consultations populaires qui devraient être closes depuis le mois d’avril 2019.
Par ailleurs, dans la nuit du 28 Mai, 2019, le nouveau chef, représenté par un des membres de la génération au pouvoir (les EBEBOU), et son adjoint ayant répondu à la convocation de la police à eux adressée le 27 Mai 2019, auraient été séquestrés de 08 heures à 21 heures au commissariat de police de Dabou. Il a fallu la mobilisation pacifique des jeunes du village pour que ceux-ci soient relâchés.
Le 29 Mai, sous ordre du procureur, ces derniers, sont à nouveau convoqués et arrêtés pour motif d’usurpation de titre. Ils devront encore une fois leur salut grâce à la forte mobilisation des jeunes du village.
Il s’est créé depuis lors une atmosphère de méfiance et de défiance entre les partisans du chef sortant (intérimaire) et la majorité des habitants du village (partisans des nouveaux chefs désignés).
L’APDH se dit profondément préoccupée par l’ampleur de la situation et les risques évidents d’enlisement de ce conflit ouvert qui prévaut dans ce village.
L’APDH interpelle les autorités compétentes sur l’urgence des mesures préventives efficaces afin d’éviter au village d’Armébé, des violences intracommunautaires dont les ingrédients se trouvent en l’espèce réunis.
L’APDH invite les autorités préfectorales de Dabou, notamment le préfet à user de ses compétences légales et prendre toute initiative appropriée en vue de résorber sans laxisme, le conflit intracommunautaire lié à la chefferie d’Armébé afin d’éviter encore à notre pays et particulièrement à la ville de Dabou, un autre conflit intracommunautaire en cette période où les conflits intercommunautaires ont déjà été le théâtre de graves violations de droits de l’Homme (atteintes au droit à la vie, à l’intégrité physique ou au droit à la propriété…) encore impunies, dans plusieurs villes (Bin-Houyé, Béoumi Agboville, Ndouci, Sipilou, Abengourou et Zuénoula) du pays.
L’APDH appelle le sous-préfet de Dabou à procéder rapidement à la consultation populaire, préalable à l’installation officielle du nouveau chef du village.
L’APDH appelle le Préfet de DABOU à prendre un arrêté de nomination des chefs désignés selon les rituels du peuple Adjoukrou d’ Armébé, après ladite consultation populaire.
En vue de prévenir de nouvelles violations des droits de l’homme et des conflits intracommunautaires, l’APDH appelle le Ministère de l’intérieur à se saisir rapidement de cette affaire et prendre des mesures nécessaires à la réinstauration d’un climat favorable à la coexistence pacifique, et l’installation officielle des nouvelles autorités villageoises d’Armébé, désignées conformément à leurs us et coutumes.


Fait à Dabou, le 15/06/2019
Dr Arsène NENE BI
Président de l’APDH

 

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